À la recherche du père de nos truffes.
Modérateurs : jacques 37, galistruffe, phil, uncinat55
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Leromain84
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Re: À la recherche du père de nos truffes.
PEPIN
POUR T''ECLAIRER : OUI DES LA PLANTATION, MA PRATIQUE EST DE TRAVAILLER PROFOND ? POUR UNE BONNE INSTALLATION DU PLANT (Griffon).
Puis à la grlinette par la suite, ce qui permet d'avoir un sol bien drainant , ce qui permet d'avoir des arbres qui se développent bien , et souvent les plus vigoureux rentrent en production les premiers . 6/7 ans sur parcelle non irriguée mais avec des apports d'eau dès 7 ans.
je suis contre le forçage des plants les 6 premières année.
Pour les tromas dans de jeunes plantations je ne crois pas que cela important et s'il y en a ?
Dans la phase d'installation du plants avant la première fructification je ne m'en préocupe pas, par contre les facteurs qui font déclancher la production, çà , je cherche: réunir tous les facteurs favorables.
jm
POUR T''ECLAIRER : OUI DES LA PLANTATION, MA PRATIQUE EST DE TRAVAILLER PROFOND ? POUR UNE BONNE INSTALLATION DU PLANT (Griffon).
Puis à la grlinette par la suite, ce qui permet d'avoir un sol bien drainant , ce qui permet d'avoir des arbres qui se développent bien , et souvent les plus vigoureux rentrent en production les premiers . 6/7 ans sur parcelle non irriguée mais avec des apports d'eau dès 7 ans.
je suis contre le forçage des plants les 6 premières année.
Pour les tromas dans de jeunes plantations je ne crois pas que cela important et s'il y en a ?
Dans la phase d'installation du plants avant la première fructification je ne m'en préocupe pas, par contre les facteurs qui font déclancher la production, çà , je cherche: réunir tous les facteurs favorables.
jm
VAUCLUSE PIEDS DU VENTOUX NORD
"quoique l'on dise ou que l'on fasse le cul du rabassier sentira toujours le thym"
"quoique l'on dise ou que l'on fasse le cul du rabassier sentira toujours le thym"
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Pépinlebref, le lieu des structures n'a que peu d'importance pour la fructification dans la mesure où les ascocarpes naissent à tous les niveaux et subsisteront uniquement ceux qui sont à la,bonne profondeur en fonction des conditions climatiques de l'année.
Hiver 2012 - 2013 : truffes très profondes.
Hiver 2011 - 2012 : truffes très superficielles sur les mêmes arbres travaillés profond qui ont donné profondément l'hiver d'après.
J'en déduis que le structure qui fait le joint entre l'ascocarpe et la racine a une longueur variable et s'adapte d'une année à l'autre.
Il faut travailler le sol pour donner à la truffe le choix d'être profonde les années où elle a envie de l'être. Mais c'est elle qui choisi sa profondeur.
OUI, le travail du brûlé a pour objectif d'assècher la zone et de l'oxygéner. Oui, à mon avis, il faut faire un travail différentiel des arbres en profondeur, glissant d'année en année en fonction de l'avancement des traçantes pivots puis de l'arrivée des racines cordes qui porteront la production.
Déjà, là, je suis sûr que la photosynthèse se fera dans de bonnes conditions.
Et comme le sol est soulevé à la grelinette tous les ans et travaillé à la houe lors de l'apport des spores, côté drainage, ça doit pas être mal non plus.
Fred
Hiver 2012 - 2013 : truffes très profondes.
Hiver 2011 - 2012 : truffes très superficielles sur les mêmes arbres travaillés profond qui ont donné profondément l'hiver d'après.
J'en déduis que le structure qui fait le joint entre l'ascocarpe et la racine a une longueur variable et s'adapte d'une année à l'autre.
Il faut travailler le sol pour donner à la truffe le choix d'être profonde les années où elle a envie de l'être. Mais c'est elle qui choisi sa profondeur.
OUI, le travail du brûlé a pour objectif d'assècher la zone et de l'oxygéner. Oui, à mon avis, il faut faire un travail différentiel des arbres en profondeur, glissant d'année en année en fonction de l'avancement des traçantes pivots puis de l'arrivée des racines cordes qui porteront la production.
Dans le doute, mets tous les paramètres au maxi. Comme tu es de Lot, tu ne dois pas habiter trop loin de chez moi. Passes, je te montrerai des arbres taillés pour que la photosynthèse soit au taquet. Les résultats sont impressionnants en terme de surface foliaire. Très différents de certaines truffières où les arbres sont massacrés dans certains coins du nord de ton département.Ce qui fonctionne ici devrait être modifié ailleurs, dans le but de trouver ce rapport idéal entre photosynthèse/ travail mycélien en fonction des capacités drainantes et d'aération des sols.
Et comme le sol est soulevé à la grelinette tous les ans et travaillé à la houe lors de l'apport des spores, côté drainage, ça doit pas être mal non plus.
Fred
Re: À la recherche du père de nos truffes.
De nouvelles hypothèses sur les gènes MAT et leur rôle s'ils sont couplés à des gènes d'incompatibilité végétative (éviter le harcèlement sexuel). Intéressant l'hypothèse du "dwarf male" qui rejoint, si j'ai tout compris, les hypothèses de Jérôme.
http://onlinelibrary.wiley.com/store/10 ... 363a9371ca
Bon courage car c'est un poil chaud sur le "kin".
Mais on a en fig 1 une nouvelle représentation du cycle de notre chère mélano.
Fred
http://onlinelibrary.wiley.com/store/10 ... 363a9371ca
Bon courage car c'est un poil chaud sur le "kin".
Mais on a en fig 1 une nouvelle représentation du cycle de notre chère mélano.
Fred
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonjour,
Mélano, erreur 403 pour moi
Cordialement.JJR24
Mélano, erreur 403 pour moi
Cordialement.JJR24
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonjour Fred,
Erreur pour le lien:
http://onlinelibrary.wiley.com/store/10 ... 363a9371ca
"Forbidden
You don't have permission to access /store/10.1111/nph.12329/asset/nph12329.pdf on this server."
Cdt,
Jean Claude
Erreur pour le lien:
http://onlinelibrary.wiley.com/store/10 ... 363a9371ca
"Forbidden
You don't have permission to access /store/10.1111/nph.12329/asset/nph12329.pdf on this server."
Cdt,
Jean Claude
Achetez un Stradivarius ne fera pas de vous un bon concertiste, achetez un chien truffier de trois mois pour sa génétique ou sa lignée, ne fera pas de vous un bon rabassier.
Re: À la recherche du père de nos truffes.
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... lMessage=0
Ça devrait mieux aller sinon dans un moteur de recherche tu tapes : Do black truffles avoid sexual harassment by linking mating type and vegetative incompatibility?
Fred
Ça devrait mieux aller sinon dans un moteur de recherche tu tapes : Do black truffles avoid sexual harassment by linking mating type and vegetative incompatibility?
Fred
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martindugard
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Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonjour à tous;
J'ai bien lu cet article très intéressant, plein de précisions sur l'état actuel des connaissances, de perspectives sur ce que l'on peut attendre de la recherche : un article passionnant . Merci Fred !
Ma contribution que je vous propose est une traduction-interprétation libre de cet article : ce n'est pas une traduction littérale, c'est résumé en zappant ce qui ne m'a pas semblé primordial, c'est un peu interprété, peut-être aussi avec des erreurs ou même de grosses inexactitudes, mais je pense que çà devrait, par les questions, contestations et compléments d'informations que çà va générer, faire avancer le niveau général de compréhension des mystères de la truffe, de "pourquoi c'est encore un mystère", et des perspectives de trufficulture...
Bonne lecture à tous, même si c'est un peu ( beaucoup, passionnément) indigeste ...
( désolé, je n'ai pas réussi à joindre le schéma de cycle de vie en début de document )
Proposition de RESUME très résumé de l'article ( avec traduction-interprétation ) :
( TM = Tuber Melanosporum )
Nouvelle représentation hypothétique du cycle de vie de Tuber Melanosporum :
Corps ( raccourci ) de l'article :
TM EST HETEROTHALLIQUE : les ascospores ( meïospores ) sont haploïdes, portant des allèles différents sur le locus MAT ( locus = localisation du gêne sur le chromosome - Note du trad. ) . La fécondation se fait entre cellules de MAT-Type différent ( signes + et - : NdT ), issues de la multiplication végétative des hyphes haploïdes. Or la fructification ( développement de l'ascocarpe ou Truffe : NdT ) nécessite une fécondation préalable .
On a pu observer qu'il se produit une ségrégation : l'ADN des cellules constituant l'ascocarpe ( truffe ) est celui de la mère , le même que celui que l'on trouve sur le mycelium lié au plant, et sur les mycorhises . Le génotype "paternel" peut ainsi être déduit par différence à partir du génotype des spores. Il y a inhibition de la fécondation "autoclonale" des cellules du même mycelium.
SEGREGATION : Les plants mycorhisés en labo, à partir de myceliums de MAT-Type variés, au bout de quelques mois de développement, présentent une dominance ou une exclusivité d'un seul et unique Mating-Type : cette ségrégation viendrait d'une compétition-exclusion entre les différents génotypes. Le locus MAT servirait, corrélativement avec d'autres "loci", de marqueur de reconnaissance-ségrégation, empêchant l'autofécondation : outre cette incompatibilité de repoduction sexuée, on observe chez d'autres espèces une incompatibilité végétative . L'incompatibilité végétative conduit à l'élimination des spécimens étrangers au "groupe familial" déterminé par le génotype dominant. Cette "préférence familiale" permet de réserver les bienfaits de la symbiose au groupe familial : l'ensemble des marqueurs de sélection-compétition-exclusion induisant un altruisme orienté au profit du groupe familial de même génotype .
Les "loci" ( gênes ? ) contrôlant l'incompatibilité végétative présentent un haut degré de polymorphisme, et jusqu'à un polymorphisme interspécifique .
La compétition-exclusion en faveur du groupe familial propre aux mycètes symbiotiques leur permet ainsi de tirer le maximum de bénéfice de la symbiose avec leur hôte, et on l'observe particulièrement chez les parasites et chez les basidiomycètes ectomycorhiziens.
Autres conséquences de cette "compétition-exclusion" au profit du groupe familial : moins de conflits génétiques notamment pour la conquête du système racinaire, coopération accrue, meilleurs bénéfices tirés de la symbiose.
Mais la gestion simultanée des incompatibilités "sexuelle" et végétative complique la possibilité de fécondation, nécessaire à la fructification : Il semble ainsi que la meilleure stratégie de reproduction devrait être celle de multiplication végétative clonale, avec la combinaison génétique la plus adaptée au plant-hôte, à l'environnement, au milieu de développement, la repoduction sexuée, aussi rare que possible, permettant quelques nécessaires mais aléatoires adaptations du génotype . Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour la production de truffes ...
RECHERCHE DU PERE DE NOS TRUFFES :
Pas simple : nous ignorons les étapes conduisant à la fructification; et nous ne connaissons pas les structures qui jouent le rôle "mâle" . On ne sait pas différencier la fructification à partir d'un seul ou de deux Mat-Types ( Linde & Selmes 2012 ), alors qu'on observe que la plupart des ascocarpes sont constitués d'un seul et unique Mating-Type ( Murat et al. ) .
Certains ascomycètes ( Pézizes, Tubers sp. ) produisent une structure "mâle" spécifique, hyphe indifférencié, ou cellule passivement mobile ( transportée : NdT ) appelée "micriconidie", ou, mieux, "spermatium" : Leurs caractéristiques : petite taille ( 5 µ ) ; paroi cellulaire mince ; faibles réserves ; incapacité à germer sur milieu de culture stérile ; semblent les rendre impropres à la multiplication aséxuée.
Mais on n'en a pas observé sur TM , même si on a détecté de l'ADN-"mâle" dans le sol, ou encore des "micro-mycorhises" , voire des germinations non-mycorhyziennes, de développement trop faible pour assurer un rôle "femelle" dans la fécondation.
Des structures analogues, appelées "Mâles-nains" ont été observées chez certains êtres vivants comme des mousses dioïques, mais, pour ce qui est de leur existence chez les mycètes, celà relève encore de la spéculation et de l'hypothèse .
En bref : trois possibilités ou hypothèses peuvent aujourd'hui permettre de trouver un père à nos truffes : 1°), le stock de spores sexuées résidant dans le sol ; 2°), des spores venues d'ailleurs, transportées par des vecteurs potentiellemeent variés ; 3°), des éléments de type "Mâle-nain", tels que "micro-myclium", microconidie, ou spermatia, mais qui n'ont encore pas été observés à ce jour, chez TM .
UNE PROTODOMESTICATION MODERNE :
Entre la "cueillette" ( je prends ce que la nature veut bien me fournir ) , et la domestication complète ( je contrôle et maîtrise tout le cycle de vie et la reproduction de ce que j'exploite rationnellement ) , existe un stade intermédiaire non-achevé de production : la protodomestication, dans laquelle, sans maîtriser les phases de la reproduction, je sais néanmoins, par l'expérience et l'empirisme, favoriser la production .
Ce stade a pu durer des millénaires avant domestiquer le blé, le seigle, l'avoine ..., sans le secours de la science, grâce seulement à l'empirisme, les expérimentations, la sélection orientée .
Les progrès scientifiques actuels permettent d'espérer une pleine domestication plus rapide des champignons.
Mais attention : certaines pratiques "bien pensées" peuvent se révéler néfastes : le ré-ensemencement à partir de truffes pourries ou gelées ne risquerait-il pas de favoriser le développement de souches moins résistantes au froid ou aux microbes ? Sans affirmer quoi que ce soit, il est bon de se poser ce genre de questions ... Certes, on vend les plus belles et les meilleures pour la consommation, mais n'appauvrit-on pas le potentiel génétique par un ré-ensemencement "sélectif" avec des rebuts ?
PERSPECTIVES :
La méconnaissance et les incertitudes du cycle de vie de TM nous ramènent à la problématique ancestrale du passage de la protodomestication à la domestication.
Celà exige un effort d'études notamment sur un maximum de souches naturelles ou sauvages, car la mycorhisation en labo risque de limiter la bio-diversité des populations truffières exploitées.
La meilleure connaissance du monde de mycètes ( ascomycètes en particulier ) bénéficiera à une meilleure exploitation de ses potentialités .
Merci de vos commentaires.
MartinduGard
J'ai bien lu cet article très intéressant, plein de précisions sur l'état actuel des connaissances, de perspectives sur ce que l'on peut attendre de la recherche : un article passionnant . Merci Fred !
Ma contribution que je vous propose est une traduction-interprétation libre de cet article : ce n'est pas une traduction littérale, c'est résumé en zappant ce qui ne m'a pas semblé primordial, c'est un peu interprété, peut-être aussi avec des erreurs ou même de grosses inexactitudes, mais je pense que çà devrait, par les questions, contestations et compléments d'informations que çà va générer, faire avancer le niveau général de compréhension des mystères de la truffe, de "pourquoi c'est encore un mystère", et des perspectives de trufficulture...
Bonne lecture à tous, même si c'est un peu ( beaucoup, passionnément) indigeste ...
( désolé, je n'ai pas réussi à joindre le schéma de cycle de vie en début de document )
Proposition de RESUME très résumé de l'article ( avec traduction-interprétation ) :
( TM = Tuber Melanosporum )
Nouvelle représentation hypothétique du cycle de vie de Tuber Melanosporum :
Corps ( raccourci ) de l'article :
TM EST HETEROTHALLIQUE : les ascospores ( meïospores ) sont haploïdes, portant des allèles différents sur le locus MAT ( locus = localisation du gêne sur le chromosome - Note du trad. ) . La fécondation se fait entre cellules de MAT-Type différent ( signes + et - : NdT ), issues de la multiplication végétative des hyphes haploïdes. Or la fructification ( développement de l'ascocarpe ou Truffe : NdT ) nécessite une fécondation préalable .
On a pu observer qu'il se produit une ségrégation : l'ADN des cellules constituant l'ascocarpe ( truffe ) est celui de la mère , le même que celui que l'on trouve sur le mycelium lié au plant, et sur les mycorhises . Le génotype "paternel" peut ainsi être déduit par différence à partir du génotype des spores. Il y a inhibition de la fécondation "autoclonale" des cellules du même mycelium.
SEGREGATION : Les plants mycorhisés en labo, à partir de myceliums de MAT-Type variés, au bout de quelques mois de développement, présentent une dominance ou une exclusivité d'un seul et unique Mating-Type : cette ségrégation viendrait d'une compétition-exclusion entre les différents génotypes. Le locus MAT servirait, corrélativement avec d'autres "loci", de marqueur de reconnaissance-ségrégation, empêchant l'autofécondation : outre cette incompatibilité de repoduction sexuée, on observe chez d'autres espèces une incompatibilité végétative . L'incompatibilité végétative conduit à l'élimination des spécimens étrangers au "groupe familial" déterminé par le génotype dominant. Cette "préférence familiale" permet de réserver les bienfaits de la symbiose au groupe familial : l'ensemble des marqueurs de sélection-compétition-exclusion induisant un altruisme orienté au profit du groupe familial de même génotype .
Les "loci" ( gênes ? ) contrôlant l'incompatibilité végétative présentent un haut degré de polymorphisme, et jusqu'à un polymorphisme interspécifique .
La compétition-exclusion en faveur du groupe familial propre aux mycètes symbiotiques leur permet ainsi de tirer le maximum de bénéfice de la symbiose avec leur hôte, et on l'observe particulièrement chez les parasites et chez les basidiomycètes ectomycorhiziens.
Autres conséquences de cette "compétition-exclusion" au profit du groupe familial : moins de conflits génétiques notamment pour la conquête du système racinaire, coopération accrue, meilleurs bénéfices tirés de la symbiose.
Mais la gestion simultanée des incompatibilités "sexuelle" et végétative complique la possibilité de fécondation, nécessaire à la fructification : Il semble ainsi que la meilleure stratégie de reproduction devrait être celle de multiplication végétative clonale, avec la combinaison génétique la plus adaptée au plant-hôte, à l'environnement, au milieu de développement, la repoduction sexuée, aussi rare que possible, permettant quelques nécessaires mais aléatoires adaptations du génotype . Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour la production de truffes ...
RECHERCHE DU PERE DE NOS TRUFFES :
Pas simple : nous ignorons les étapes conduisant à la fructification; et nous ne connaissons pas les structures qui jouent le rôle "mâle" . On ne sait pas différencier la fructification à partir d'un seul ou de deux Mat-Types ( Linde & Selmes 2012 ), alors qu'on observe que la plupart des ascocarpes sont constitués d'un seul et unique Mating-Type ( Murat et al. ) .
Certains ascomycètes ( Pézizes, Tubers sp. ) produisent une structure "mâle" spécifique, hyphe indifférencié, ou cellule passivement mobile ( transportée : NdT ) appelée "micriconidie", ou, mieux, "spermatium" : Leurs caractéristiques : petite taille ( 5 µ ) ; paroi cellulaire mince ; faibles réserves ; incapacité à germer sur milieu de culture stérile ; semblent les rendre impropres à la multiplication aséxuée.
Mais on n'en a pas observé sur TM , même si on a détecté de l'ADN-"mâle" dans le sol, ou encore des "micro-mycorhises" , voire des germinations non-mycorhyziennes, de développement trop faible pour assurer un rôle "femelle" dans la fécondation.
Des structures analogues, appelées "Mâles-nains" ont été observées chez certains êtres vivants comme des mousses dioïques, mais, pour ce qui est de leur existence chez les mycètes, celà relève encore de la spéculation et de l'hypothèse .
En bref : trois possibilités ou hypothèses peuvent aujourd'hui permettre de trouver un père à nos truffes : 1°), le stock de spores sexuées résidant dans le sol ; 2°), des spores venues d'ailleurs, transportées par des vecteurs potentiellemeent variés ; 3°), des éléments de type "Mâle-nain", tels que "micro-myclium", microconidie, ou spermatia, mais qui n'ont encore pas été observés à ce jour, chez TM .
UNE PROTODOMESTICATION MODERNE :
Entre la "cueillette" ( je prends ce que la nature veut bien me fournir ) , et la domestication complète ( je contrôle et maîtrise tout le cycle de vie et la reproduction de ce que j'exploite rationnellement ) , existe un stade intermédiaire non-achevé de production : la protodomestication, dans laquelle, sans maîtriser les phases de la reproduction, je sais néanmoins, par l'expérience et l'empirisme, favoriser la production .
Ce stade a pu durer des millénaires avant domestiquer le blé, le seigle, l'avoine ..., sans le secours de la science, grâce seulement à l'empirisme, les expérimentations, la sélection orientée .
Les progrès scientifiques actuels permettent d'espérer une pleine domestication plus rapide des champignons.
Mais attention : certaines pratiques "bien pensées" peuvent se révéler néfastes : le ré-ensemencement à partir de truffes pourries ou gelées ne risquerait-il pas de favoriser le développement de souches moins résistantes au froid ou aux microbes ? Sans affirmer quoi que ce soit, il est bon de se poser ce genre de questions ... Certes, on vend les plus belles et les meilleures pour la consommation, mais n'appauvrit-on pas le potentiel génétique par un ré-ensemencement "sélectif" avec des rebuts ?
PERSPECTIVES :
La méconnaissance et les incertitudes du cycle de vie de TM nous ramènent à la problématique ancestrale du passage de la protodomestication à la domestication.
Celà exige un effort d'études notamment sur un maximum de souches naturelles ou sauvages, car la mycorhisation en labo risque de limiter la bio-diversité des populations truffières exploitées.
La meilleure connaissance du monde de mycètes ( ascomycètes en particulier ) bénéficiera à une meilleure exploitation de ses potentialités .
Merci de vos commentaires.
MartinduGard
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Merci pour la traduction.
Pour le cycle, comme le lien vers l'article est disponible, il suffit d'y aller voir. Le schéma parle de lui même. Voilà pourquoi je me suis permis de nettoyer le début de ton message. J'espère que tu ne m'en tiendra pas rigueur.
Première remarque, si c'est bien un groupe familial qui prend le contrôle des îlots en truffière, cela va nous obliger à penser non plus arbre par arbre ou racine par racine mais îlots par îlots.
Conséquence directe, il va falloir favoriser la migration de la souche dominante des premiers arbres producteurs du "noyau dur" de la plantation à l'ensemble des arbres voisins. Soit en faisant des corridors de sols travaillé entre arbres, soit en disséminant volontairement les premières truffes produites (porteuse de la mère de la patrie) aux autres arbres. En amenant des spores étrangères, fussent-elles sauvages on risque de rallumer la guerre de l'exclusion entre les souches... Mais si le mâle vient des spores?
Fred
Pour le cycle, comme le lien vers l'article est disponible, il suffit d'y aller voir. Le schéma parle de lui même. Voilà pourquoi je me suis permis de nettoyer le début de ton message. J'espère que tu ne m'en tiendra pas rigueur.
Première remarque, si c'est bien un groupe familial qui prend le contrôle des îlots en truffière, cela va nous obliger à penser non plus arbre par arbre ou racine par racine mais îlots par îlots.
Conséquence directe, il va falloir favoriser la migration de la souche dominante des premiers arbres producteurs du "noyau dur" de la plantation à l'ensemble des arbres voisins. Soit en faisant des corridors de sols travaillé entre arbres, soit en disséminant volontairement les premières truffes produites (porteuse de la mère de la patrie) aux autres arbres. En amenant des spores étrangères, fussent-elles sauvages on risque de rallumer la guerre de l'exclusion entre les souches... Mais si le mâle vient des spores?
Fred
-
martindugard
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Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonjour, Fred.
Sois tranquille, je ne me sens aucune exclusivité de ce que je poste : tu enlèves ou ajoutes à ta guise.
Je constate que mon Post s'est dédoublé : multiplication végétative incontrôlée !
Tu poses la question de l'apport de truffe "exogène" : selon l'esprit de l'article, çà me semble emporter deux réflexions antinomiques : 1°) c'est bien de favoriser la variabilité génétique ; 2°) c'est questionnable de risquer une sélection-exclusion végétative ... Mais ????
Cdlt
MartinduGard
Sois tranquille, je ne me sens aucune exclusivité de ce que je poste : tu enlèves ou ajoutes à ta guise.
Je constate que mon Post s'est dédoublé : multiplication végétative incontrôlée !
Tu poses la question de l'apport de truffe "exogène" : selon l'esprit de l'article, çà me semble emporter deux réflexions antinomiques : 1°) c'est bien de favoriser la variabilité génétique ; 2°) c'est questionnable de risquer une sélection-exclusion végétative ... Mais ????
Cdlt
MartinduGard
Re: À la recherche du père de nos truffes.
En tout cas ce modèle de l'exclusion végétative n'est pas incohérent avec l'évolution de la production dans une jeune truffière. Le peuplement par tàche à partir d'un îlot producteur précoce comme la production plus rapide dans les truffières à forte densité semble plaider en faveur de cette hypothèse.
Et dire qu'on se donne tout se mal à planter des arbres super mycorhizés de diverses provenances /années et que si ça se trouve c'est la souche unique d'un seul plant qui remplace toutes les autres truffes...
Fred
Et dire qu'on se donne tout se mal à planter des arbres super mycorhizés de diverses provenances /années et que si ça se trouve c'est la souche unique d'un seul plant qui remplace toutes les autres truffes...
Fred
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martindugard
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- Inscription : 05 mai 2013 22:58
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Re-salut;
Melano a écrit :
Conséquence directe, il va falloir favoriser la migration de la souche dominante des premiers arbres producteurs du "noyau dur" de la plantation à l'ensemble des arbres voisins. Soit en faisant des corridors de sols travaillé entre arbres, soit en disséminant volontairement les premières truffes produites (porteuse de la mère de la patrie) aux autres arbres. En amenant des spores étrangères, fussent-elles sauvages on risque de rallumer la guerre de l'exclusion entre les souches... Mais si le mâle vient des spores?
Comme pour beaucoup de questions touchant à la trufficulture, on peut comprendre une chose et son contraire : Si on cherche à promouvoir la présence de "mâles" à proximité d'un plant femelle, peut-être la juxtaposition de plants de Mat-Type différent peut multiplier les chances de fécondation ?
A-t-on des études ou des observations sur la productivité des arbres au sein d'un même îlot homogène ?
Il me semble que tant qu'on n'y voit pas plus clair sur la façon dont un mâle arrive, se présente, est accepté, et féconde, on ne peut que se perdre en conjectures ...
Le brûlé-stérile est-il fréquent ? au bout de combien d'années de brûlé apparaissent les truffes ? sait-on ce qui déclenche un brûlé ( stérile ou assimilé ) ?
Trop de questions ....
A+
MartinduGard
Melano a écrit :
Conséquence directe, il va falloir favoriser la migration de la souche dominante des premiers arbres producteurs du "noyau dur" de la plantation à l'ensemble des arbres voisins. Soit en faisant des corridors de sols travaillé entre arbres, soit en disséminant volontairement les premières truffes produites (porteuse de la mère de la patrie) aux autres arbres. En amenant des spores étrangères, fussent-elles sauvages on risque de rallumer la guerre de l'exclusion entre les souches... Mais si le mâle vient des spores?
Comme pour beaucoup de questions touchant à la trufficulture, on peut comprendre une chose et son contraire : Si on cherche à promouvoir la présence de "mâles" à proximité d'un plant femelle, peut-être la juxtaposition de plants de Mat-Type différent peut multiplier les chances de fécondation ?
A-t-on des études ou des observations sur la productivité des arbres au sein d'un même îlot homogène ?
Il me semble que tant qu'on n'y voit pas plus clair sur la façon dont un mâle arrive, se présente, est accepté, et féconde, on ne peut que se perdre en conjectures ...
Le brûlé-stérile est-il fréquent ? au bout de combien d'années de brûlé apparaissent les truffes ? sait-on ce qui déclenche un brûlé ( stérile ou assimilé ) ?
Trop de questions ....
A+
MartinduGard
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonjour,
Merci Martindugard:
Le mycélium reconnait son arbre hôte, et réciproquement; sécrétions, microorganismes (bactéries, enzymes, hormones...y participent;
L'ADN, est, je pense, capable d'adaptation génétique à son milieu (les apports que nous faisons, les spores que nous transportons avec les outils par ex. sont tout aussi bien utilisés "qu'ignorés" ou mangés
L'ionisation des molécules (nourriture, protection, reproduction), est pour moi une des clés du mystère
A suivre
JJR24
Merci Martindugard:
Le mycélium reconnait son arbre hôte, et réciproquement; sécrétions, microorganismes (bactéries, enzymes, hormones...y participent;
L'ADN, est, je pense, capable d'adaptation génétique à son milieu (les apports que nous faisons, les spores que nous transportons avec les outils par ex. sont tout aussi bien utilisés "qu'ignorés" ou mangés
L'ionisation des molécules (nourriture, protection, reproduction), est pour moi une des clés du mystère
A suivre
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Bonsoir ,
Tout ça devient de plus en plus complexe , pour moi c'est de l'hébreux
, je pensais qu'une fois traduit ce serai plus clair .... mais non
, merci quand même Martin
David
Tout ça devient de plus en plus complexe , pour moi c'est de l'hébreux
David
Re: À la recherche du père de nos truffes.
Le brûlé stérile peut avoir de multiples causes (autres champignons, truffettes qui naissent mais qui meurent faute d'eau...). Pour savoir, il faut faire une analyse des mycorhizes des racines ou chercher les truffettes comme on va essayer de faire cette année.Le brûlé-stérile est-il fréquent ?
Elles peuvent apparaître avant que le brûlé ne soit perceptible. On trouve souvent des truffes dans l'herbe. Dès que le brûlé apparaît, il peut y avoir truffes.au bout de combien d'années de brûlé apparaissent les truffes ?
Clairement oui, les espagnols ont montré que c'est la quantité de mycélium qui provoque le brûlé. En sol superficiel, les brûlés sont très marqués. En sol profond et/ou travaillés, ils se voient beaucoup moins même lorsqu'il y a production. Et même si c'est frustrant de ne pas avoir de beaux brûlés, je les préfère travaillés et discret car ça veut dire que le sol meuble est profond ==> truffes protégées.sait-on ce qui déclenche un brûlé ( stérile ou assimilé ) ?
Fred
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Leromain84
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Re: À la recherche du père de nos truffes.
mélano
et toujours improductifs...
A 25 ans après l'apport de spores+ lytho et + 2 ans : ils sont rentrés en production.
jm
j'en ai qui ont 30 ansau bout de combien d'années de brûlé apparaissent les truffes ?
et toujours improductifs...
A 25 ans après l'apport de spores+ lytho et + 2 ans : ils sont rentrés en production.
jm
VAUCLUSE PIEDS DU VENTOUX NORD
"quoique l'on dise ou que l'on fasse le cul du rabassier sentira toujours le thym"
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