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Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 02 mai 2013 21:12
par melano
Bonsoir,

et voilà, on vous laisse le temps d'aller faire l'ouverture du brochet et il y a le feu de partout, des tables renversées.. C'est quoi ce zouc? :lol:
Fred, quelle est exactement l'expérience de nos chers chercheurs?
C'est de mémoire l'expérience décrite par Truffalou. Isoler une truffe totalement de l'arbre. C'est dans systruffe donc on aura les résultats sous peu.
rien n arrette les racines horizontales ou charpentierres ou pivotantes .je désespére ;;;;;
relissez les classiques parce que la on va a reculons .
il y a 4 ans j ai posté des photos d arbres de 7 ans avec des traçantes de plus de 12 metres.
Je reviens sur cette histoire de racines. Si ma mémoire est bonne, cet arbre arraché n'avait pas été taillé comme tu le fais. Du coup, je me demande si c'est un si bon exemple que ça. Car on n'est pas dans le même système cultural.

Donc selon toi Jérôme, même en taillant des racines superficielles qui sont sans doute des traçantes, il est impossible de les faire se ramifier et d'en faire de meilleurs support pour le chevelu qui nous intéresse tant? Parce que ce chevelu, il a bien une base anatomique. A part quelques rares racines fines, il ne part pas directement du collet non? Il se développe bien sur des racines moyennes plus ou moins traçantes?
Végetaux et champignions ont évolué conjointement au cours des millénaires, on découvre aujourd'hui à quel point il existe une "communication" entres les differentes vie au niveau du sol, et même entre végétaux..... tous les végétaux sont mycos..... le la plus petite herbe au plus grands arbres, c'est essentiel à leur survie, avoir des racines n'est pas suffisant..... c'est comme si nous avions des intestins sans flore intestinale..... on en crèverait rapidement.....

Il faut pousser la reflexion plus loin, toutes les mycos de tous les végétaux ne sont pas forcement néfastes ou en concurrence à mélano, d'autant que pour la fructification un petit "abris" peut parfois s'averer salutaire, mais elles occupent de l'espace et ne le lacheront pas facilement, l'herbe représente une concurence hydrique au niveau de la zone de production, mais pas seulement....
Oui Joel, et le lien entre tous les végétaux, ce sont les champignons. Et quand je parle de lien, c'est un lien physique. Les arbres sont reliés à l'herbe qui est reliée aux orchidées, elles même reliées au genévrier etc... Cela a été clairement démontré par le coup de la souris radioactive. Le P se transmet à tous les végétaux par les filaments mycéliens qui les relient. Et le plus extraordinaire, c'est que champignons ectomycorhiziens communiquent avec les endomyco. Cela ouvre de belle perspectives pour nous, pauvre planteurs en milieu fermé.

La liste des espèces d'herbes ou d'arbustes qui servent de support à mélano est entrain d'être dressée grâce à la biologie moléculaire. Sans surprise, on y trouve de nombreuses espèces d'orchidées, la fétuque, la paleine, le genévrier, l'églantier, le cerisier sainte lucie ... Bref, toutes ses plantes compagnes qu'on trouve à proximité des truffières spontanées comme par hasard.
je reprends les propos de Jérôme..... oui les racines (le bois également) stockent le carbone, des hydrates de carbone (des sucres).... c'est là dedans que l'arbre puise pour "repartir" au printemps avant d'avoir pu commencer à réaliser la photosyntèse..... mais pas seulement.... pour fabriquer le nectar qui attire les abeilles.... pour synthétiser le sucre des fruits....
Et surtout pour nourrir nos truffes. Un noisetier qui tombe les feuilles début novembre continue à nourrir les truffes parfois jusqu'en février. Ces sucres qu'il envoie proviennent des réserves racinaires.
Fred si c'était aussi facile que cela il suffirait de mettre un goutte à goutte à chaque arbre et tu ramasserais des truffes toutes les années.
On a essayé cela ne marche pas.
César, l'eau est une condition nécessaire mais pas suffisante. La truffe, c'est un peu comme un fruit. Même si l'arbre ne manque pas d'eau, un coup de gel sur la fleur, un orage de grêle, un prédateur et tu n'as plus de pomme même si tu as arrosés comme il faut.

La truffe ascocarpe, c'est pareil. Il lui faut de l'eau mais pas que. Il ne faut pas qu'elle souffre d'autre chose. Dans le schéma, c'est le carbone qui va de l'arbre à l'ascocarpe. Pas l'eau. L'eau va du mycélium à l'arbre et à la truffe. Comme l'a dit Joel, si ça coince à moment donné, entre l'arbre qui donne à manger du carbone et un ascocarpe facultatif, le champignon a vite fait le choix. Il sacrifie l'ascocarpe et donne le peu d'eau qu'il a à l'arbre.
Bon, maintenant on fait un vote, qui c'est qui vote pour "l'arbre s'arrète de produire" ou "l'arbre continue à produire" ?
Osmic, point 1 OK, point 2 OK mais n'oublie pas de tout bâcher hermétiquement car les spores de champignon, ça s'envole, comme les mouches ou les liodes.
L'arbre ne continuera pas à produire à mon avis car sinon, il y a longtemps qu'on ferait des truffes dans des conteneurs.
je pense que le mycelium doit bien avoir du mal a franchir les interlignes car avec nos machines deportés on tasse pas au pied des arbres mais entre les rang c'est plutot béton!!
+1 Lilic. Perso, en sol argileux, je ne fais plus rentrer d'engins lourds style tracteurs sur mes plantations dès la première année. Travail manuel, fil et petite tondeuse. C'est du boulot mais le sol reste plus souple même entre les rangs.

Fred

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 06:13
par omisc
Bonjour,

Fred : <<mais n'oublie pas de tout bâcher hermétiquement car les spores de champignon, ça s'envole, comme les mouches ou les liodes. >> ?????

Fred, je comprend pas pourquoi tu parles de spores... ou alors j'ai rien compris aux essais que tu décrit au tout début du post.... Fred dans ce système où ce sont des gonidies ou des mycellium qui se déplacent sur de grandes distances pour féconder, je crois pas qu'il soit question de spore. Ensuite dans sur l'arbre isolé, quand je dis on maintient le système de culture c'est bien sûr aussi apport sporale annuel...

Donc Fred, toi tu penses que l'arbre s'arrête de produire, mais pour d'autres raisons... et au final tu n'accrédite pas le système des gonidies ou mycélium qui se déplacent, c'est bien ça ?

J'aimerais bien savoir ce qu'en pensent Jérome, Joel et quelques autres...

Merci

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 06:16
par J Gravier
Bonjour à tous,

pour ceux qui ne sont pas convaincu..... prenez un arbre en godet de 1 an, en fait il a 6 mois si on est en oct/nov... et observons les racines....
Ou sont les poils absorbants ? pour quel % des racines totale ? sachant que les plus vieilles ont au maximum 6 mois conclusions: ...................

joel

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 06:36
par J Gravier
osmic,

je pense effectivement comme Fred, l'arbre ne produira plus, mais pas pour une raison de + et de - , même en coupant à 2m tu modifies le milieu, c'est rien du tout 2m, moi j'ai perdu des productions simplement en arrachant des arbres à 4m, et encore d'un seul coté.... et pas de doute je n'ai pas enlevé le "mauvais" arbre.... 2 à 4 ans après la production est revenue....
Ensuite, pour moi le fait que des zones se spécialisent + ou - me semble tout à fait logique si on considère que le champignon se develloppe essentiellement de façon végétative.... or j'ai des arbres qui produisent depuis bientôt 20 ans toutes les années, ça fait bien longtemps qu'ils doivent être dans une zone + ou - ..... et ça ne les empèchent pas de produire.... par contre se trouvent dans le sol des spores + et moins..... je ne peux que supposer mais dans une truffe la gléba est "mère" + ou - alors que dans les asques les spores sont + et -, donc en toute logique les spores peuvent être un "apport" de + ou de - dans une zone + ou -

joel

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 08:15
par melano
Osmic, si tu amènes des spores, elles peuvent germer, faire du mycélium et tu ne sauras jamais si le mycélium vient du père ou des spores. C'est juste pour ça que je te dis qu'il faut tout bâcher et ne pas amener de spores.

Sinon, ton protocole est biaisé.

Joël, l'étude qu'a postée Joseph52 amène des réponses intéressantes. La stratégie de dispersion de Tuber melano est basée sur la reproduction sexuée. Je fini de la lire et on en reparle.

Fred

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 09:05
par omisc
Ok Joel, merci de nous faire part de ton experience, c'est très interessant.


Fred, je suis d'accord, mais inversement il faudrait aussi tout bacher dans la nature sur les lieux de l'experience décrite au début du post, tu ne crois pas :wink: parce que comme tu dis des spores de truffes sur une zone qui produit, la macrofaune doit bien en promener pas mal non ?

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 09:23
par omisc
Bon je pensais avoir posté un truc ce matin avant de partir faire un tour à la peche et je le vois pas... erreur de manip surement, je reprend :

Hier en promenant on est tombé sur un superbe brulé que je ne connaissais pas, devant un chène vert dans un pré en bordure de bois, sur une surface d'environ 5m2 toutes les petites herbes qui font environ 10cms de haut étaient en train de rougir. Superbe ! C'est vraiment impressionnant ce que ce champignon est capable de faire !!!

Mais un truc me chagrine, la terre semblait autant humide sur le brulé qu'à coté et dans mon coin il pleut plusieurs fois par semaine depuis 1 mois.... et pourtant le brulé est bien là !
J'en viens à ce qui me chagrine, quand on évoque les causes du brulé sur le forum, il est toujours évoqué qu'une des cause possible pourrait être la "concurence hydrique" !?!?
Pour ceux qui le pensent toujours, comment vous la justifiez la "concurence hydrique" cette année ??? moi là je comprends pas !!!

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 09:47
par JRaph84
D'accord avec toi, c'est pas le manque de flotte, tout est vert "flashy" dans la truffière ici on se croirait en Bourgogne chez mes beaux-parents :mrgreen: Les brûlés sont magnifiques, bien délimités par une pousse herbacée nettement plus petite et frêle à ces endroits là...

Sinon, pour faire avancer le schmilblick, est-ce que Mr Galistruffe pourrait nous indiquer ce qu'il entend exactement par "chevelu" racinaire ?! :wink:
Un grand merci pour tous ces partages de connaissances, ce forum est vraiment excellent !

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 10:43
par phil
Bonjour

Je serai plutôt d'accord avec Jérome concernant la progression des racines traçantes. Ca m'étonnerait que le fait de piocher sur 15 ou 20 cm de profondeur autour de l'arbre empêche les racines horizontales de filer (surtout en sols profonds).
Mais par contre, je ne comprends toujours pas comment font Jérome, Joël et d'autres pour contenir et pérenniser la production dans une zone bien définie autour de l'arbre. Je comprends qu'en piochant chaque année au même endroit et à la même profondeur on crée un milieu bien aéré et on casse des racines. Du coup chaque année l'arbre réémet de nouvelles radicelles (le fameux chevelu ?) dans cette zone (que l'on peut assimiler à une zone de conquête pour le champignon : progression verticale du brûlé plutôt qu'horizontale ?). En plus, en amenant de l'eau strictement dans cette zone travaillée, on incite l'arbre à émettre les nouvelles racines dans cette zone. Si en plus on fait aussi un apport de truffes broyées (spores + gléba + vermiculite) chaque année dans cette même zone travaillée, on favorise sans doute l'apparition de nouvelles myco et la fructification.
Mais par contre, qu'est ce qui empêche l'arbre de produire aussi des nouvelles racines et radicelles et chevelu hors de la zone travaillée (surtout les années très pluvieuses comme 2013 où il ne manque pas d'eau) puisque les racines traçantes filent loin de l'arbre ? Donc pour moi le brûlé devrait aussi continuer à s'étendre horizontalement et donc la zone productrice devrait continuer à s'aggrandir et s'éloigner de l'arbre.
Bref je rame encore :?

A+

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 10:59
par tuber01
Phil, c'est là où tout ce travail doit être accompagné d'une taille tout à la fois adaptée et sévère.
Si tu relis tout, cela a été plusieurs fois dit :wink:
Et à priori pas d'autres solutions (sauf si une nouvelle idée géniale venait à l'esprit de qqn ?). On a bien tenté de parler de sous solage en limite de brulé mais cela parait compliqué à mettre en oeuvre et jamais assez profond (Joel l'applique à priori).

JRaph le chevelu racinaire sont des racines fines (<mm) qui se ramifient énormement pendant la période végétative de l'année. D'où le terme de chevelu qui en découle.
D'un côté elles s'accrochent sur des racines plus grosses (pivot, mais surtout tracantes, ...) , et de l'autre côté elles sont composées d'extremités qui explorent et exploitent un grand volume de sol et qui se font mycorhizer pour la plupart (par toutes sortes de champignons). Si la myco se fait tot, l'extremité de la racine fine va etre plus courte et sa fonction d'exploration/exploitation du sol sera relayée par le champignon.
Les racines fines représentent une part majeure de la biomasse de l'arbre et ne survivent pas au dela d'une saison. On a coutume de comparer les racines fines / racines à ce que sont les feuilles / branches.
Tu trouveras pleins de bouquins qui te donneront plus de détails.

Seb

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 11:12
par jean-jacques
phil a écrit :Bonjour

Je serai plutôt d'accord avec Jérome concernant la progression des racines traçantes. Ca m'étonnerait que le fait de piocher sur 15 ou 20 cm de profondeur autour de l'arbre empêche les racines horizontales de filer (surtout en sols profonds).
Mais par contre, je ne comprends toujours pas comment font Jérome, Joël et d'autres pour contenir et pérenniser la production dans une zone bien définie autour de l'arbre.

A+
Bonjour
je crois qu'ils passent aussi la sous-soleuse entre les rangs ?
sincères salutations

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 11:16
par phil
Salut

Donc ce serait la taille aérienne qui limiterait l'expansion des racines et donc l'expansion du brûlé. Sur ce point je n'y connais rien donc je ne peux pas donner d'avis personnel mais Jérome a parlé d'un arbre jeune (7 ans) déraciné et dont les traçantes s'étendaient jusqu'à 12m. Donc même un arbre jeune (certes jamais taillé) et donc surement encore pas bien haut semble pouvoir avoir des racines déjà très distantes du tronc. En tout cas qui vont bien au delà de la zone travaillée.
Bref j'y vois pas encore clair ... 8)

A+

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 12:55
par JRaph84
A priori plutôt la taille racinaire plutôt qu'aérienne si l'on se réfère aux pages précédentes...

D'ailleurs, à ce sujet, il a été présenté lors de l'AG des trufficulteurs du 84 que la modalité "travail du sol/non taille aérienne" était plus productive que la modalité "travail du sol/taille aérienne".

Ça ne veut pas dire qu'il faut pas tailler les arbres, notamment pour ne pas fermer la truffière trop tôt, mais en tout cas cela n'aurait pas d'impact sur la production.

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 14:15
par tuber01
D'un côté elles s'accrochent sur des racines plus grosses
A la relecture je m'apercois que je formule très mal mes phrases, elles ne "s'accrochent" pas mais en "sont issues" bien sûr.

Seb

Re: À la recherche du père de nos truffes.

Publié : 03 mai 2013 17:39
par l'appalou 24
Bonjour à tous.
pour ma part , expérience sur 2 rangs, racines coupées avec un disque sur 25 cm de profondeur,sur le périférie du brulé, résultat la saison prochaine.
a+j.c