#etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
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monteilmaxime
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
bonjour, j'ai visionner qq reportage sur la trufficulture en espagne et j'avoue que je suis inquiet pour l'avenir quand au prix que nous allons vendre nos truffes dans un futur proche, vu que la bas ils ont planté en masse et vende a 200/300 euros le kg voir moins.
on y voit meme des négociants qui achetent des truffes la bas pour les revendre comme truffe du périgord et ces gars la ne se cachent meme pas. alors quel avenir, a ce rythme dans 10 ans cela vaudra le meme prix qu'1 kg de cepe si ca se trouve. qu'en pensez vous, en tenant compte de toutes les plantations effectuer depuis ces 4/5 dernieres années, ca va faire pas mal de truffe a vendre ca! trouverra ton preneur?
qu'en dites vous?
on y voit meme des négociants qui achetent des truffes la bas pour les revendre comme truffe du périgord et ces gars la ne se cachent meme pas. alors quel avenir, a ce rythme dans 10 ans cela vaudra le meme prix qu'1 kg de cepe si ca se trouve. qu'en pensez vous, en tenant compte de toutes les plantations effectuer depuis ces 4/5 dernieres années, ca va faire pas mal de truffe a vendre ca! trouverra ton preneur?
qu'en dites vous?
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
monteilmaxime, ce que j'en pense : c'est que tu devrais suivre un peu plus les lectures sur notre forum, nous en avons parlé longuement.... 
Dans la vie tout n'est qu'une histoire de dosage , encore faut-il avoir le courage d'oser doser !
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monteilmaxime
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
désolé, je suis inscrit depuis pas longtemps alors j'ai pas pus tous lire. donc ok je lis ce post en entier.
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Bonjour à tous,
ma foi..... j'étais inquiet et je le suis moins....
Ca fait déjà quelques années qu'on parle de la production Espagnole, en fait si aujourd'hui les choses se font au grand jour c'est que le busines a commencé à s'installer il y a déjà pas mal de temps, nos conserveurs ont fini par y aller.... mais n'y étaient ils pas les premiers ?
Si au début ils ont acheté sur les marchés, certainement qu'ils ont petit à petit noué des relations commerciales avec leurs fournisseurs (comme ça se fait chez nous), alors pourquoi continuer à aller sur le marché pour les gros producteurs Espagnol ? suivre la tendance des cours, OK, se montrer, OK.... comme le font aussi chez nous les "gros producteurs".... mais qu'elle est la proportion de truffe qui va sur les marchés physiques ?
Je pense donc au final qu'ayant trouvé en Espagne ce qu'ils ne trouvaient plus chez nous les conserveurs se sont remis au boulot..... et ils absorbent.... et comme ils n'en ont jamais assez ils se tirent même la bourre.... ils savent vendre, c'est aussi leur métier, ils ont un nom, une marque de fabrique française... du coup même s'il y a de la truffe les marchés "physiques" diminuent en volume....
Cette année il y avait moins de truffe dans le sud-est, les cours se sont maintenus, c'est que nos courtiers "historiques" n'ont pas su s'adapter, tous ne vont pas en Espagne, certains par contre se sont spécialisés et "remontent" de la truffe pour les collègues, à Carpentras ou à Richerenche.... le marché se réorganise..... le plus fort c'est que les Espagnols se basent aussi sur les cours de Carpentras et de Richerenche pour vendre....
Voilà, qu'une année soit favorable chez nous et les cours chuteront à nouveau comme en janvier 2013 et 2014.... qu'une année soit défavorable et on verra encore de la truffe avant noel à plus de 1000€ en vrac.... chose à laquelle je ne croyais plus...
Je me suis lourdement planté dans mes pronostics.... et j'en suis heureux.... après, à partir du moment ou le consommateur se régale avec de la bonne truffe peu m'importe qu'elle soit d'Espagne, d'Italie ou de France.... le tout c'est qu'il soit heureux.et qu'il en redemande.... que ceux qui se sont rendu capables de produire en soit récompensés, ce n'est que justice.
Joel
ma foi..... j'étais inquiet et je le suis moins....
Ca fait déjà quelques années qu'on parle de la production Espagnole, en fait si aujourd'hui les choses se font au grand jour c'est que le busines a commencé à s'installer il y a déjà pas mal de temps, nos conserveurs ont fini par y aller.... mais n'y étaient ils pas les premiers ?
Si au début ils ont acheté sur les marchés, certainement qu'ils ont petit à petit noué des relations commerciales avec leurs fournisseurs (comme ça se fait chez nous), alors pourquoi continuer à aller sur le marché pour les gros producteurs Espagnol ? suivre la tendance des cours, OK, se montrer, OK.... comme le font aussi chez nous les "gros producteurs".... mais qu'elle est la proportion de truffe qui va sur les marchés physiques ?
Je pense donc au final qu'ayant trouvé en Espagne ce qu'ils ne trouvaient plus chez nous les conserveurs se sont remis au boulot..... et ils absorbent.... et comme ils n'en ont jamais assez ils se tirent même la bourre.... ils savent vendre, c'est aussi leur métier, ils ont un nom, une marque de fabrique française... du coup même s'il y a de la truffe les marchés "physiques" diminuent en volume....
Cette année il y avait moins de truffe dans le sud-est, les cours se sont maintenus, c'est que nos courtiers "historiques" n'ont pas su s'adapter, tous ne vont pas en Espagne, certains par contre se sont spécialisés et "remontent" de la truffe pour les collègues, à Carpentras ou à Richerenche.... le marché se réorganise..... le plus fort c'est que les Espagnols se basent aussi sur les cours de Carpentras et de Richerenche pour vendre....
Voilà, qu'une année soit favorable chez nous et les cours chuteront à nouveau comme en janvier 2013 et 2014.... qu'une année soit défavorable et on verra encore de la truffe avant noel à plus de 1000€ en vrac.... chose à laquelle je ne croyais plus...
Je me suis lourdement planté dans mes pronostics.... et j'en suis heureux.... après, à partir du moment ou le consommateur se régale avec de la bonne truffe peu m'importe qu'elle soit d'Espagne, d'Italie ou de France.... le tout c'est qu'il soit heureux.et qu'il en redemande.... que ceux qui se sont rendu capables de produire en soit récompensés, ce n'est que justice.
Joel
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Bonjour à tous,
Je crois surtout que 2 "bonnes" saisons consécutive avec des cours très bas ont fait grandir le fichier client des revendeurs et que logiquement la demande à été forte cette année. Mais tu as raison Joel si les revendeurs se donnent la peine et sont créatifs alors il y a encore un peu d'espoir .......
Je crois surtout que 2 "bonnes" saisons consécutive avec des cours très bas ont fait grandir le fichier client des revendeurs et que logiquement la demande à été forte cette année. Mais tu as raison Joel si les revendeurs se donnent la peine et sont créatifs alors il y a encore un peu d'espoir .......
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Oui et non Mister T,
Le potentiel en clientèle dépend du prix, beaucoup de pros n'achètent plus à partir d'un certain seuil, une année on gagne des clients et l'année suivante on les perd.
Je pense que ce sont surtout les conserveurs qui avalent beaucoup de marchandise et ça part à l'export sous une marque Française.
Perso je bosse avec 3 petits restaurateurs, ils sont jeunes, sympas et dynamiques.... ils me passent toutes mes truffes triées, en morceaux ou brisures.... je ne change pas mes tarifs d'une année sur l'autre, sinon ils ne s'y retrouveraient plus.... je considère qu'il est contre productif de toujours viser le plus haut, je préfère bosser avec des gens qui me suivent de A à Z et qui acceptent de payer le prix qui me convient même les années ou ils pourraient trouver moins cher..... c'est le principe du commerce équitable. Le plus beau part à un autre prix.....
Mais bon, je ne suis plus qu'un petit amateur.... et encore pas pour pas bien longtemps.
Joel
Le potentiel en clientèle dépend du prix, beaucoup de pros n'achètent plus à partir d'un certain seuil, une année on gagne des clients et l'année suivante on les perd.
Je pense que ce sont surtout les conserveurs qui avalent beaucoup de marchandise et ça part à l'export sous une marque Française.
Perso je bosse avec 3 petits restaurateurs, ils sont jeunes, sympas et dynamiques.... ils me passent toutes mes truffes triées, en morceaux ou brisures.... je ne change pas mes tarifs d'une année sur l'autre, sinon ils ne s'y retrouveraient plus.... je considère qu'il est contre productif de toujours viser le plus haut, je préfère bosser avec des gens qui me suivent de A à Z et qui acceptent de payer le prix qui me convient même les années ou ils pourraient trouver moins cher..... c'est le principe du commerce équitable. Le plus beau part à un autre prix.....
Mais bon, je ne suis plus qu'un petit amateur.... et encore pas pour pas bien longtemps.
Joel
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
B
Dernière modification par stef@ le 18 janv. 2016 20:51, modifié 1 fois.
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
..
Dernière modification par stef@ le 18 janv. 2016 20:50, modifié 1 fois.
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Entièrement d'accord avec toi Joël, pour exemple cette année j'ai vendu au même prix que l'année dernière et que les autres années, pourtant j'aurais pu oublié mes clients en leur disant que j'avais pas de truffes cette année et faire 1/3 de plus sur mon chiffre d'affaire mais perso j'ai joué le jeu en restant au même prix et finalement je suis sur que j'aurais fidéliser de nouveaux clients pour l'année prochaine...J Gravier a écrit :Oui et non Mister T,
Le potentiel en clientèle dépend du prix, beaucoup de pros n'achètent plus à partir d'un certain seuil, une année on gagne des clients et l'année suivante on les perd.
Je pense que ce sont surtout les conserveurs qui avalent beaucoup de marchandise et ça part à l'export sous une marque Française.
Perso je bosse avec 3 petits restaurateurs, ils sont jeunes, sympas et dynamiques.... ils me passent toutes mes truffes triées, en morceaux ou brisures.... je ne change pas mes tarifs d'une année sur l'autre, sinon ils ne s'y retrouveraient plus.... je considère qu'il est contre productif de toujours viser le plus haut, je préfère bosser avec des gens qui me suivent de A à Z et qui acceptent de payer le prix qui me convient même les années ou ils pourraient trouver moins cher..... c'est le principe du commerce équitable. Le plus beau part à un autre prix.....
Mais bon, je ne suis plus qu'un petit amateur.... et encore pas pour pas bien longtemps.
Joel
Après c'est clair que je suis qu'un tout petit producteur de truffes mais il faut au maximum tirer profit de sa production.
Stef
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Désolé pour les bugs ...
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Bonsoir Stef,
oui, c'est clair, les deux années passées j'étais bien au dessus des marchés de gros, cette année souvent en dessous.... mais globalement je m'y retrouve, mes clients pro ne restent pas dans le flou d'une année sur l'autre et continue à travailler la truffe, d'une certaine façon ils sont aussi pour moi une vitrine et m'envoient des clients (particuliers)....
joel
oui, c'est clair, les deux années passées j'étais bien au dessus des marchés de gros, cette année souvent en dessous.... mais globalement je m'y retrouve, mes clients pro ne restent pas dans le flou d'une année sur l'autre et continue à travailler la truffe, d'une certaine façon ils sont aussi pour moi une vitrine et m'envoient des clients (particuliers)....
joel
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Oui c'est ça, les clients satisfait en font venir d'autres. C'est le bouche à oreille qui fonctionne.
Je me suis mal expliquer quand je dis qu'il faut tirer un maximum de profit de sa production, je voulais dire que les années ou il ya beaucoup de truffes il faut les vendre aussi et à bon prix et l'objectif pour moi c'est de toujours vendre mes produits frais directement sans jamais revenir d'un marché avec une truffe pour la congeler ou la brader à un courtier.
Stephane
Je me suis mal expliquer quand je dis qu'il faut tirer un maximum de profit de sa production, je voulais dire que les années ou il ya beaucoup de truffes il faut les vendre aussi et à bon prix et l'objectif pour moi c'est de toujours vendre mes produits frais directement sans jamais revenir d'un marché avec une truffe pour la congeler ou la brader à un courtier.
Stephane
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Bonjour a tous , Une nouvelle zone de production truffière (Quintanalara ) BURGOS , fête aujourd'hui sa 2 ième Foire a la truffe ,quelques plantations commencent a produire ,rajoutées aux autres cela commence a faire .... un de mes amis y assiste ,avec démo de cavage ,vente de plants ,etc etc .
pancho
pancho
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martindugard
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Bonjour à tous.
Je rentre juste d'un séjour de plusieurs jours dans la région de Sarrion : Mora de Rubielos, Rubielos de Mora ( !!! ), Manzanera, Albentosa, La puebla de Valverde ... : Une terre extra, irrigation non généralisée, mais fréquente, sinon, souvent possible, altitude de 1000 à 1250 m avec hivers froids mais non polaires et étés chauds, secs et très ensoleillés; des centaines et des centaines d'hectares de truffières, d'autres centaines d'hectares en jeunes plantiers ou en plantation : 90% CV un peu de CP ou ressemblant plantés à peu près tous 5x5 , et taille limitée : arbres de 2 à 3 m. de haut avec juste une taille de forme. Plus des milliers et des milliers d'hectares potentiellement plantables à haut potentiel ... Une douzaine de trufficulteurs-industriels-pros ( certains ayant une activité principale autre ) exploiteraient entre 30.000 et 50.000 arbres en production : l'un d'entre eux m'a dit entretenir une meute ( chiens de race de chasse ) permettant d'avoir une vingtaine de chiens caveurs en activité; sinon, des trufficulteurs modestes, sérieux, motivés par la possibilité que leur offre la truffe de rester dans leur pays qu'ils aiment, même si c'est dans des conditions que nous jugerions "difficiles" ( La "capitale" : Teruel, 36.000 habitants, est à 30 à 40 km ). Un marché de Sarrion encore plus "improbable" que celui de Richerenches : Samedi soir à partir de 19 / 20 h. et jusqu'à 22 / 23 h., avant le bon dîner proposé par le restaurant sur le parking duquel ont lieu les transactions, dans la nuit, dans un endroit quasi-désert, où il n'y a que le restaurant installé là pour l'occasion, à coté d'une gare de chemin de fer isolée où passent 5 trains ( deux wagons) par jour de la ligne Valencia-Zaragoza : un peu l'ambiance "Il était une fois dans l'Ouest". Marché où un courtier français m'a dit faire l'aller-retour de Cahors chaque semaine en saison, un autre, espagnol, de Valence, qui fait la même chose (dit-il) mais vers le Sud-Est de la France ; quelques fourgons chargés de 2 ou 300 kg de truffes ( ??? ) dégageant l'odeur que vous imaginez , des transactions aussi confidentielles que chez nous, mais qui ont lieu la nuit, phares éteints, au milieu de nulle part ... Etrange ... Qui vend ??? Qui achète ??? ... Un autre vendait des sacs d'oranges ... à qui ??? j'en ai acheté un; il vendait aussi des barquettes de fraises : je n'en ai pas acheté. Cours de samedi : 700 à 750 : les cours ont augmenté cette dernière semaine ( saint Valentin ??? ). Comme affluence, nous devions être une cinquantaine tout compris.
J'ai aussi rencontré hors marché des négociants avec pignon sur rue, très rigoureux dans leur gestion , leur comptabilité, leur respect des normes sanitaires et fiscales : des Pro's !!! ( effectifs de 4/5 à 8/10 personnes) . Eux n'achètent pas au marché : ils ont un ou deux acheteurs qui visitent les trufficulteurs; ils ne vendent pas non plus au marché : ils ont leurs "correspondants" et leur clientèle directe, principalement en France : 80 à 90 % de la production locale serait vendue en France.
Pour la cuisine de la truffe, ils ne maîtrisent pas bien : le "bon" cuisinier d'un "bon" restaurant t'explique que : après avoir mélangé tes lardons et cubes de jambon, oignons et fèves , le tout revenu à la poële à l'huile d'olive, avec tes truffes coupées en julienne, tu farcis tes perdrix avec cette "farce", et mets le tout au four à 200°C pendant 40 mn .... Autrement, la principale utilisation, c'est rapée sur un oeuf au plat : plus ou moins généreux, c'est toujours bon, mais un peu fruste ... La demande locale est donc faible, sauf pour quelques restaurants qui se veulent gastronomiques et de haut de gamme ( rares ).
Pour résumer et pour conclure, sous réserve d'erreurs d'interprétation toujours possibles :
En France, la production a du souci - de gros soucis - à se faire : le coût du foncier , celui de la main d'oeuvre, et les charges en tous genres ne permettent pas de lutter : Là-bas, les gros producteurs emploient la main d'oeuvre locale qui ne souhaite pas s'éloigner de son village, et les petits se contentent d'un niveau de vie modeste qui ne nécessite pas de gros revenus, d'autant que le coût de la vie est de l'ordre de la moitié d'ici à la campagne.
Les marchés ont une lourde adaptation à conduire : Je pense que leur seul avenir est d'ordre touristique et folklorique : le gros du volume économique s'écoule hors marchés : il faudra néanmoins trouver une sorte de "marché au cadran" pour fixer des cours qui fassent foi.
Les prix vont baisser, ce qui permettra sûrement de vulgariser la consommation de la truffe, même si ça ne deviendra jamais le foie gras ou le saumon... Mais, en revanche, le revenu accessoire du "petit" trufficulteur français deviendra de plus en plus accessoire...
Bon, alors, maintenant, ON FAIT QUOI ???
Ben, moi, je continue mon hobbie-passe-temps de retraité ancien passionné, qui me permet essentiellement de voir travailler mes chiens, et accessoirement de manger avec quelques rares copains ma production qui se compte en quelques pièces par an ... Elle est pas belle, la vie ???
Bien cordialement à tous;
MartinduGard
Je rentre juste d'un séjour de plusieurs jours dans la région de Sarrion : Mora de Rubielos, Rubielos de Mora ( !!! ), Manzanera, Albentosa, La puebla de Valverde ... : Une terre extra, irrigation non généralisée, mais fréquente, sinon, souvent possible, altitude de 1000 à 1250 m avec hivers froids mais non polaires et étés chauds, secs et très ensoleillés; des centaines et des centaines d'hectares de truffières, d'autres centaines d'hectares en jeunes plantiers ou en plantation : 90% CV un peu de CP ou ressemblant plantés à peu près tous 5x5 , et taille limitée : arbres de 2 à 3 m. de haut avec juste une taille de forme. Plus des milliers et des milliers d'hectares potentiellement plantables à haut potentiel ... Une douzaine de trufficulteurs-industriels-pros ( certains ayant une activité principale autre ) exploiteraient entre 30.000 et 50.000 arbres en production : l'un d'entre eux m'a dit entretenir une meute ( chiens de race de chasse ) permettant d'avoir une vingtaine de chiens caveurs en activité; sinon, des trufficulteurs modestes, sérieux, motivés par la possibilité que leur offre la truffe de rester dans leur pays qu'ils aiment, même si c'est dans des conditions que nous jugerions "difficiles" ( La "capitale" : Teruel, 36.000 habitants, est à 30 à 40 km ). Un marché de Sarrion encore plus "improbable" que celui de Richerenches : Samedi soir à partir de 19 / 20 h. et jusqu'à 22 / 23 h., avant le bon dîner proposé par le restaurant sur le parking duquel ont lieu les transactions, dans la nuit, dans un endroit quasi-désert, où il n'y a que le restaurant installé là pour l'occasion, à coté d'une gare de chemin de fer isolée où passent 5 trains ( deux wagons) par jour de la ligne Valencia-Zaragoza : un peu l'ambiance "Il était une fois dans l'Ouest". Marché où un courtier français m'a dit faire l'aller-retour de Cahors chaque semaine en saison, un autre, espagnol, de Valence, qui fait la même chose (dit-il) mais vers le Sud-Est de la France ; quelques fourgons chargés de 2 ou 300 kg de truffes ( ??? ) dégageant l'odeur que vous imaginez , des transactions aussi confidentielles que chez nous, mais qui ont lieu la nuit, phares éteints, au milieu de nulle part ... Etrange ... Qui vend ??? Qui achète ??? ... Un autre vendait des sacs d'oranges ... à qui ??? j'en ai acheté un; il vendait aussi des barquettes de fraises : je n'en ai pas acheté. Cours de samedi : 700 à 750 : les cours ont augmenté cette dernière semaine ( saint Valentin ??? ). Comme affluence, nous devions être une cinquantaine tout compris.
J'ai aussi rencontré hors marché des négociants avec pignon sur rue, très rigoureux dans leur gestion , leur comptabilité, leur respect des normes sanitaires et fiscales : des Pro's !!! ( effectifs de 4/5 à 8/10 personnes) . Eux n'achètent pas au marché : ils ont un ou deux acheteurs qui visitent les trufficulteurs; ils ne vendent pas non plus au marché : ils ont leurs "correspondants" et leur clientèle directe, principalement en France : 80 à 90 % de la production locale serait vendue en France.
Pour la cuisine de la truffe, ils ne maîtrisent pas bien : le "bon" cuisinier d'un "bon" restaurant t'explique que : après avoir mélangé tes lardons et cubes de jambon, oignons et fèves , le tout revenu à la poële à l'huile d'olive, avec tes truffes coupées en julienne, tu farcis tes perdrix avec cette "farce", et mets le tout au four à 200°C pendant 40 mn .... Autrement, la principale utilisation, c'est rapée sur un oeuf au plat : plus ou moins généreux, c'est toujours bon, mais un peu fruste ... La demande locale est donc faible, sauf pour quelques restaurants qui se veulent gastronomiques et de haut de gamme ( rares ).
Pour résumer et pour conclure, sous réserve d'erreurs d'interprétation toujours possibles :
En France, la production a du souci - de gros soucis - à se faire : le coût du foncier , celui de la main d'oeuvre, et les charges en tous genres ne permettent pas de lutter : Là-bas, les gros producteurs emploient la main d'oeuvre locale qui ne souhaite pas s'éloigner de son village, et les petits se contentent d'un niveau de vie modeste qui ne nécessite pas de gros revenus, d'autant que le coût de la vie est de l'ordre de la moitié d'ici à la campagne.
Les marchés ont une lourde adaptation à conduire : Je pense que leur seul avenir est d'ordre touristique et folklorique : le gros du volume économique s'écoule hors marchés : il faudra néanmoins trouver une sorte de "marché au cadran" pour fixer des cours qui fassent foi.
Les prix vont baisser, ce qui permettra sûrement de vulgariser la consommation de la truffe, même si ça ne deviendra jamais le foie gras ou le saumon... Mais, en revanche, le revenu accessoire du "petit" trufficulteur français deviendra de plus en plus accessoire...
Bon, alors, maintenant, ON FAIT QUOI ???
Ben, moi, je continue mon hobbie-passe-temps de retraité ancien passionné, qui me permet essentiellement de voir travailler mes chiens, et accessoirement de manger avec quelques rares copains ma production qui se compte en quelques pièces par an ... Elle est pas belle, la vie ???
Bien cordialement à tous;
MartinduGard
Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)
Merci Martin pour ce compte rendu !
Tu étais tout seul ou était ce organisé par le syndicat ?
Je ne crois absolument pas qu'il y aura une consommation massive de truffe en Espagne comme chez nous le foie gras, ca n'est pas leur tradition, et les prix seront toujours plus intéressant pour eux à exporter vers la France qui elle va pouvoir ainsi continuer d'en avaler toujours autant.
Donc "on fait quoi" : déjà on reste absolument sur le créneau de qualité et d'image de luxe à la française. On a la chance d'avoir cet héritage, et si on en sort pour viser du moyen ou bas de gamme on ne gagnera jamais ce combat vu nos couts de production. C'est la même histoire que pour le lait, le porc, etc...
Ensuite il faudra inévitablement professionnaliser et organiser la filière. Voire regrouper les petits producteurs pour faire du volume et avoir du poids. Mais il faut de l'aide des politiques et des syndicats mais là ca n'est pas gagné !
Seb
Tu étais tout seul ou était ce organisé par le syndicat ?
Je ne crois absolument pas qu'il y aura une consommation massive de truffe en Espagne comme chez nous le foie gras, ca n'est pas leur tradition, et les prix seront toujours plus intéressant pour eux à exporter vers la France qui elle va pouvoir ainsi continuer d'en avaler toujours autant.
Donc "on fait quoi" : déjà on reste absolument sur le créneau de qualité et d'image de luxe à la française. On a la chance d'avoir cet héritage, et si on en sort pour viser du moyen ou bas de gamme on ne gagnera jamais ce combat vu nos couts de production. C'est la même histoire que pour le lait, le porc, etc...
Ensuite il faudra inévitablement professionnaliser et organiser la filière. Voire regrouper les petits producteurs pour faire du volume et avoir du poids. Mais il faut de l'aide des politiques et des syndicats mais là ca n'est pas gagné !
Seb
contrairement au doute, seule la certitude rend fou